Etienne Sved, le magicien du face à face
PierrevertLieu : La voûte des arts
Présentation
Exposition rétrospective de l'œuvre du photographe Etienne Sved (1914-1996).
Né en Hongrie en 1914, Étienne Sved intègre en 1930 une école de graphisme que fondent à Budapest des professeurs du Bauhaus fuyant l’Allemagne nazie. Juif, il doit à son tour quitter son pays en 1938 et se réfugie en Égypte (1).
Il devient photographe en 1939 juste après son arrivée en Egypte. En Egypte co-existe un certain nombre d’artistes dont des photographes proches du surréalisme (2, 3) avec lesquels Etienne Sved a été en contact, comme George Henein fondateur du Art and Liberty group (4) et surréaliste. Ses photographies sont proches de l’expressionisme, mais il subsiste néanmoins une influence perceptible du BauHaus. En Egypte, E. Sved est fasciné par l’art Egyptien et produit pas moins 3 ouvrages : L’art Egyptien avec des textes de Etienne Drioton directeur du service des antiquités au Caire, « l’Egypte Face à Face » travail ethnographique avec des textes de Tristan Tzara, puis bien plus tard « Maalesh » une illustration de la pièce de théâtre de Jean Cocteau en voyage en Egypte. L’Egypte est un marqueur décisif dans le parcours d’Etienne Sved.
Etienne Sved arrive en France en 1946, à Paris, et travaille pendant 10 ans dans la publicité. Il prend en charge la conception de visuels publicitaires pour une agence. Dans cette période il fait avec son épouse un voyage de 6 semaines en Algérie. Là encore Etienne Sved confronte la torpeur de ce pays avec des photos de grandes qualité artistiques du quotidien d’un peuple.
Ces photographies apparaissent comme l’annonce discrète des bouleversement historiques à venir. Un livre sera édité après sa mort : « Un pays dans l’attente ».
Créateur d’aAiche publicitaire reconnu dans les années 1946 à 1956, Etienne Sved rompt avec le monde publicitaire en 1970. Il porte sa prise de conscience des dérives de la société
industrielle dans un ouvrage Pièges et contradiction du présent destiné à alerter le grand public sur les problématiques du monde moderne. Etienne Sved donne du poids à l’image et au graphisme pour traiter ce sujet.
Etienne Sved ébloui par la lumière de la Provence s’y installe en 1960 après avoir été invité aux rencontres de Lurs (4). C’est là qu’il entreprend un travail colossal sur les campaniles
provençaux qui surplombent les églises provençales. Là encore il rapproche le graphisme des fleurs de Provence (comme les campanules ou les chardons) avec les fers forgés des
campaniles. Encore un face à face éblouissant qui fait dire à Giono « C’est la plus belle chose que j’ai vue sur la Provence ! ».
Giono propose à Etienne Sved d’illustrer « Le hussard sur le toit » (5), impressionné par la manière dont Etienne Sved fait dialoguer l’image et le texte. En plein milieu de son travail
d’éditeur, ils se passionne pour ce projet et passe de nombreuses heures avec Giono. Les univers des deux hommes se confondent, même après le décès de Giono en 1970. Cela sera
sa dernière œuvre qu’il n’achèvera jamais avant sa mort en 1996.
Toute au long de sa carrière Etienne Sved cherche à rapprocher les formes présentes dans la nature et celle produite par l’homme. Ces analogies sont certainement les plus intimes et poétiques de l’artiste. Dans tous ses ouvrages et dans une démarche surréaliste et abstraite (comme dans (6)), Etienne Sved aura eu constamment le souci de faire dialoguer ses
photographies entre elles-mêmes ou bien avec les textes de ses livres (1). L’exposition cherchera à représenter ce fils conducteur de son œuvre.
Références
(1) Etienne Sved Photographiste, Imprimerie Louis-Jean (Gap), Août 2003
(2) Maria Golia, Journal of Contemporary African Art • 49 • November 202, https://doi.org/10.1215/10757163-9435751
(3) « Photography and Cultural Heritage: How the Van Leo Collection Captured the Surreal Majesty of Cairo », Elisa Pieranfrei, December 2022, Conference: MESA 2022 ANNUAL MEETING, Denver, Colorado, U.S.
(4) Redécouvrir le surréalisme égyptien : le groupe « Art et Liberté » (1938-1948 Mathilde Rouxel, Les clefs du moyen Orient, Janvier 2017. Ou, le surréalisme en Egypte :
https://www.tate.org.uk/whats-on/tate-liverpool/surrealism-egypt-art-et-liberte-1938-1948/exhibition-guide
(5) Revue Giono No4 2010 Association des amis de Jean Giono, article de Jacques Mény, p 120
(6) Le sommeil dans l’Art, préface de Jean Cassou, Edité par P.A. Chavane, Juillet 1957
Il devient photographe en 1939 juste après son arrivée en Egypte. En Egypte co-existe un certain nombre d’artistes dont des photographes proches du surréalisme (2, 3) avec lesquels Etienne Sved a été en contact, comme George Henein fondateur du Art and Liberty group (4) et surréaliste. Ses photographies sont proches de l’expressionisme, mais il subsiste néanmoins une influence perceptible du BauHaus. En Egypte, E. Sved est fasciné par l’art Egyptien et produit pas moins 3 ouvrages : L’art Egyptien avec des textes de Etienne Drioton directeur du service des antiquités au Caire, « l’Egypte Face à Face » travail ethnographique avec des textes de Tristan Tzara, puis bien plus tard « Maalesh » une illustration de la pièce de théâtre de Jean Cocteau en voyage en Egypte. L’Egypte est un marqueur décisif dans le parcours d’Etienne Sved.
Etienne Sved arrive en France en 1946, à Paris, et travaille pendant 10 ans dans la publicité. Il prend en charge la conception de visuels publicitaires pour une agence. Dans cette période il fait avec son épouse un voyage de 6 semaines en Algérie. Là encore Etienne Sved confronte la torpeur de ce pays avec des photos de grandes qualité artistiques du quotidien d’un peuple.
Ces photographies apparaissent comme l’annonce discrète des bouleversement historiques à venir. Un livre sera édité après sa mort : « Un pays dans l’attente ».
Créateur d’aAiche publicitaire reconnu dans les années 1946 à 1956, Etienne Sved rompt avec le monde publicitaire en 1970. Il porte sa prise de conscience des dérives de la société
industrielle dans un ouvrage Pièges et contradiction du présent destiné à alerter le grand public sur les problématiques du monde moderne. Etienne Sved donne du poids à l’image et au graphisme pour traiter ce sujet.
Etienne Sved ébloui par la lumière de la Provence s’y installe en 1960 après avoir été invité aux rencontres de Lurs (4). C’est là qu’il entreprend un travail colossal sur les campaniles
provençaux qui surplombent les églises provençales. Là encore il rapproche le graphisme des fleurs de Provence (comme les campanules ou les chardons) avec les fers forgés des
campaniles. Encore un face à face éblouissant qui fait dire à Giono « C’est la plus belle chose que j’ai vue sur la Provence ! ».
Giono propose à Etienne Sved d’illustrer « Le hussard sur le toit » (5), impressionné par la manière dont Etienne Sved fait dialoguer l’image et le texte. En plein milieu de son travail
d’éditeur, ils se passionne pour ce projet et passe de nombreuses heures avec Giono. Les univers des deux hommes se confondent, même après le décès de Giono en 1970. Cela sera
sa dernière œuvre qu’il n’achèvera jamais avant sa mort en 1996.
Toute au long de sa carrière Etienne Sved cherche à rapprocher les formes présentes dans la nature et celle produite par l’homme. Ces analogies sont certainement les plus intimes et poétiques de l’artiste. Dans tous ses ouvrages et dans une démarche surréaliste et abstraite (comme dans (6)), Etienne Sved aura eu constamment le souci de faire dialoguer ses
photographies entre elles-mêmes ou bien avec les textes de ses livres (1). L’exposition cherchera à représenter ce fils conducteur de son œuvre.
Références
(1) Etienne Sved Photographiste, Imprimerie Louis-Jean (Gap), Août 2003
(2) Maria Golia, Journal of Contemporary African Art • 49 • November 202, https://doi.org/10.1215/10757163-9435751
(3) « Photography and Cultural Heritage: How the Van Leo Collection Captured the Surreal Majesty of Cairo », Elisa Pieranfrei, December 2022, Conference: MESA 2022 ANNUAL MEETING, Denver, Colorado, U.S.
(4) Redécouvrir le surréalisme égyptien : le groupe « Art et Liberté » (1938-1948 Mathilde Rouxel, Les clefs du moyen Orient, Janvier 2017. Ou, le surréalisme en Egypte :
https://www.tate.org.uk/whats-on/tate-liverpool/surrealism-egypt-art-et-liberte-1938-1948/exhibition-guide
(5) Revue Giono No4 2010 Association des amis de Jean Giono, article de Jacques Mény, p 120
(6) Le sommeil dans l’Art, préface de Jean Cassou, Edité par P.A. Chavane, Juillet 1957
Période(s) d'ouvertureDu 02/07 au 26/07/2026 le mardi, mercredi, jeudi, vendredi et les week-ends de 10h à 18h30.
Catégorie(s)
- Type de manifestation :
- Culturelle
- Arts et culture :
- Exposition
- Conférence / Débat
Informations
- Localisation :
- Pierrevert
- Informations complémentaires :
- Lieu La voûte des arts
- Indication prix :
- Gratuit
Téléchargement
Tarifs
Gratuit.
Organisateur
Association La Voûte Médiévale de Pierrevert / La Voûte des Arts, Patrimoine et Culture à Pierrevert
Lieu
La voûte des arts
10 rue Adolphe Aillaud
04860
Pierrevert
- Langue(s) parlée(s) :
Destination
10 rue Adolphe Aillaud
04860
Pierrevert
Coordonnées GPS
Latitude : 43.812177
Longitude : 5.74915

