Jean Giono est né à Manosque le 30 mars 1895 et il y est mort le 9 octobre 1970. Entre ces deux dates, il n'a presque jamais quitté sa ville, et il en a fait une œuvre. Venir ici, c'est marcher dans des paysages que l'on a déjà lus.
Le Pays de Manosque n'est pas seulement le décor de ses romans, il en est la matière première. Les collines sèches de Colline, le village abandonné de Regain, la Durance, les plateaux, le vent : tout cela existe encore et tout cela se visite. Sa maison, le Paraïs, est ouverte au public sur le flanc du Mont d'Or. La vieille ville qu'il a arpentée enfant tient toujours entre ses portes médiévales. Et la Provence qu'il décrit, âpre et lumineuse, n'a jamais eu la douceur des cartes postales.
Un employé de banque devenu écrivain
Il est le fils d'un cordonnier d'origine piémontaise, Jean-Antoine Giono, et de Pauline Pourcin, qui tenait un atelier de repassage. L'enfance se passe dans la vieille ville, au milieu des odeurs de cuir et de linge chaud : c'est tout le sujet de Jean le Bleu, publié en 1932, où le père tient la place centrale.
À seize ans il quitte l'école et entre au Comptoir national d'escompte, la banque de Manosque. Il y restera de 1911 à 1929, dix-huit années derrière un guichet, à lire et à écrire le soir. Entre-temps il y a la guerre : Artois, Champagne, Verdun où sa compagnie est décimée en 1916, la Somme, le Chemin des Dames. Il en revient pacifiste, et il le restera envers et contre tout.
En 1929 paraît Colline, puis Un de Baumugnes la même année. Il quitte la banque et ne vivra plus que de sa plume. En 1930 il s'installe sur le flanc du Mont d'Or, montée des Vraies Richesses, dans la maison qu'il appellera le Paraïs et qu'il ne quittera plus, avec sa femme Élise et leurs deux filles. Il est élu à l'Académie Goncourt en 1954.
1895-1970 né et mort à Manosque · 18 ans derrière un guichet de banque · 1954 élu à l'Académie Goncourt · 8 500 livres dans sa bibliothèque
Le Paraïs, la maison qu'il n'a jamais quittée

Une maison d'écrivain, pas un musée. Giono s'y installe en 1930 et y écrit l'essentiel de son œuvre. La ville de Manosque l'a acquise en 2016 ; elle abrite aujourd'hui le siège de l'association les Amis de Jean Giono. Le lieu est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, labellisé Maison des illustres et Refuge LPO.
On y retrouve sa bibliothèque personnelle, plus de 8 500 ouvrages, mais aussi ses lettres, ses photographies, ses manuscrits, ses objets et son mobilier. Rien n'a été reconstitué : c'est la maison telle qu'il l'a laissée.
Le jardin, la roseraie et la maison de site. Le Paraïs a rouvert au public après une restauration complète. Un pavillon d'accueil et de médiation propose désormais un parcours muséographique, une librairie-boutique et un coin café ; un jardin de contemplation abrite le banc et la roseraie de Jean Giono, et un cabanon pédagogique complète les espaces paysagers. Un espace de documentation donne accès aux archives pour les chercheurs et les passionnés. Les portes s'ouvrent sur un jardin en terrasses et sur une vue plongeante vers le centre historique, théâtre de son enfance.
Visiter le Paraïs : réservez, il n'y a que 7 places

La maison ne se visite qu'en visite guidée, en petits groupes de 7 personnes maximum, pour la sécurité des lieux et des œuvres. La réservation est donc obligatoire, et il vaut mieux s'y prendre à l'avance en été. Les départs ont lieu à 9h30, 10h30, 15h et 16h, du mardi au dimanche ; fermé le lundi.
Plein tarif 10 €, tarif réduit 5 €, gratuit pour les moins de 16 ans. Montée des Vraies Richesses, à Manosque : on y monte à pied depuis le centre en une quinzaine de minutes. Les périodes d'ouverture évoluent d'une saison à l'autre, vérifiez-les sur la fiche avant de venir.
Toutes nos visites guidées
Manosque, la ville de Jean le Bleu

Le centre ancien, entre ses portes. Le vieux Manosque tient dans un ovale que l'on traverse à pied en un quart d'heure, et qui reprend le contour des anciens remparts médiévaux du XIVe siècle : la porte Saunerie, dressée en 1382, la porte Soubeyran et son campanile, l'église Saint-Sauveur, Notre-Dame de Romigier. C'est ce dédale de ruelles étroites que Giono décrit dans Jean le Bleu, l'atelier du père au premier étage et la ville qui vit en dessous. Arrêtez-vous devant sa maison natale.
La promenade du Barri en fait le tour par les anciens remparts, et le circuit des Fontaines relie les points d'eau du centre. Deux façons simples de retrouver le décor de son enfance.
Découvrir Manosque
Les collines, le Mont d'Or et Toutes-Aures. Deux collines encadrent la ville : le Mont d'Or au nord-est, où se trouve le Paraïs, et Toutes-Aures au sud-ouest. Ce sont elles, avec les chênes verts, la garrigue et les sources qui se tarissent l'été, qui donnent leur climat à Colline et à Regain. Giono n'a pas eu besoin d'aller chercher ses paysages loin. Une heure de montée suffit pour comprendre le livre : la vue s'ouvre sur la ville, la vallée de la Durance et, plus loin, le plateau de Valensole.
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Quoi lire avant de venir
Il n'y a pas d'ordre obligatoire, mais quelques titres suffisent à changer la façon dont on regarde le pays une fois sur place.
Colline (1929) — Quatre maisons perdues dans la garrigue, une source qui se tarit, et la peur qui monte. Le premier roman, celui qui lui fait quitter la banque.
Un de Baumugnes (1929) — L'histoire d'un homme qui va rechercher une jeune femme perdue. Pagnol en tirera Angèle cinq ans plus tard.
Regain (1930) — Un village mort que deux êtres remettent debout. Le livre le plus célèbre du pays des collines, et le plus optimiste des trois.
Jean le Bleu (1932) — Le récit d'enfance à Manosque, l'atelier du cordonnier, la ville d'en bas. À lire juste avant de traverser la vieille ville.
Le Chant du monde (1934) — Une remontée de fleuve, la nuit, le froid. Le roman le plus fluvial de Giono : on pense à la Durance à chaque page.
Que ma joie demeure (1935) — Sur un plateau battu par le vent, un homme entreprend de rendre les autres heureux. Le livre qui a donné naissance aux rencontres du Contadour.
Le Hussard sur le toit (1951) — Le choléra de 1832, une Provence en quarantaine, et Angelo qui la traverse par les toits. Le grand roman d'aventure de Giono.
L'Homme qui plantait des arbres (1953) — Trente pages, un berger, des glands semés un par un. Le texte le plus traduit de Giono, devenu un manifeste écologiste malgré lui.
Une parenthèse : le Contadour
Le nom revient souvent quand on parle de Giono. Le Contadour est un hameau de la montagne de Lure où l'écrivain et ses amis, bloqués un jour par une randonnée, prirent l'habitude de se retrouver. Neuf rencontres eurent lieu, la dernière interrompue par la déclaration de guerre en 1939. Le lieu se trouve au nord du Pays de Manosque, en dehors de notre territoire : nous le mentionnons parce qu'il appartient à l'histoire de l'œuvre, pas parce qu'il est à côté. La randonnée du Contadour est désormais interdite d'accès.
Giono à l'écran
Peu d'écrivains français ont autant nourri le cinéma. Marcel Pagnol, le premier, a filmé ses histoires dans les collines mêmes où elles se déroulent.
Les Pagnol. Jofroi en 1933, Angèle en 1934, Regain en 1937 et La Femme du boulanger en 1938 : quatre films tirés de Giono en cinq ans.
Le Hussard sur le toit, porté à l'écran par Jean-Paul Rappeneau en 1995. Le film a fait beaucoup pour la réputation visuelle de la Provence d'été, sèche et blanche.
L'Homme qui plantait des arbres — le film d'animation de Frédéric Back, trente minutes, a remporté en 1987 au festival d'Annecy le Grand prix ex æquo, le Prix du public et le Prix CANAL+.
Sur ses traces, aujourd'hui

Les bancs-livres, place du Terreau. Des bancs sculptés en forme de livres ouverts, inspirés de Jean Giono, installés place du Terreau pour l'édition 2025 des Correspondances. On s'y assoit sans façon, à toute heure et gratuitement : c'est sans doute la manière la plus douce d'entrer dans le sujet, un café à la main.
La fresque du Hussard, avenue Jean Giono. Réalisée en juillet 2025 lors de la requalification de l'avenue Jean Giono, cette fresque rend hommage à l'écrivain et à son roman le plus lu. Elle se trouve au 10 avenue Jean Giono, en accès libre, avec un parking à proximité.
Les Correspondances de Manosque, fin septembre. Chaque année, à la fin du mois de septembre, la ville se transforme en festival littéraire. Lectures, rencontres avec les auteurs, croisements avec la musique et le spectacle vivant : le principe est de faire de la littérature un art vivant plutôt qu'une affaire de bibliothèque. Le cœur du festival bat au Théâtre Jean Le Bleu, dont le nom est emprunté au récit d'enfance de Giono, et se prolonge dans plusieurs autres lieux de la ville. L'édition 2026 se tient du mercredi 23 au dimanche 27 septembre, et elle est gratuite.
Tout l'agenda
Prolonger

Le magazine. Notre magazine Voyage au Pays de Jean Giono se feuillette en ligne, librement.
Lire sur place. La médiathèque d'Herbès Alphonse Rabbe à Manosque et la librairie-boutique du Paraïs permettent de repartir avec un livre plutôt qu'un aimant de frigo.
Le patrimoine du territoire, des chapelles de campagne aux villages perchés, éclaire à sa manière ce que Giono raconte. Patrimoine et culture
Pour préparer votre venue sur les pas de Giono, l'Office de Tourisme et des Congrès du Pays de Manosque vous accueille dans ses six bureaux.