Valensole
On vient à Valensole pour le bleu. On y reste pour le reste : un village médiéval sur une voie de transhumance, l'une des plus vastes communes de France, et un plateau qui change entièrement de couleur quatre fois par an.
Le plateau
Le plateau de Valensole couvre plus de 800 km² à quelque 590 mètres d'altitude, borné par l'Asse au nord, le Verdon au sud, la Durance à l'ouest et les contreforts du massif de Montdenier à l'est. La commune elle-même s'étend sur près de 12 700 hectares, ce qui en fait l'une des plus vastes de France.
Sous vos pieds, une curiosité géologique : le complexe de Valensole, une formation de poudingue qui dépasse par endroits 1 000 mètres d'épaisseur — des galets emballés dans du sable, du grès et des silts. C'est cette hétérogénéité qui explique l'alternance de zones arides et humides, et la diversité de la végétation.
La lavande, et quand venir
La floraison court de la mi-juin à la mi-juillet, avec un apogée du début à la mi-juillet. La récolte démarre à partir du troisième dimanche de juillet. Passé cette date, les champs sont coupés.
Quelques conseils qui font la différence. Venez tôt le matin ou en fin de journée : la lumière est meilleure et la route beaucoup plus calme. Empruntez les D6, D8, D15 et D115 plutôt que de vous garer au premier champ venu — vous y croiserez aussi de la sauge sclarée, des tournesols et du blé. Et respectez les cultures : ce sont des champs de travail, pas des décors.
Les quatre couleurs de l'année
En mars, les amandiers en fleurs sur fond de sommets encore enneigés. En juillet, le bleu du lavandin contre l'or du blé. En novembre, les terres labourées virent à l'ocre. Entre les deux, les prairies à orchidées sauvages, la garrigue aromatique, le maquis épineux et les forêts de chêne vert et de pin d'Alep.
Depuis le plateau, par temps clair, on voit la chaîne des Préalpes, le massif du Dévoluy, le mont Ventoux, la Sainte-Victoire et la Sainte-Baume.
Ce qui pousse ici
Lavandin, blé dur, olives, truffes, amandes, et depuis peu de la sauge sclarée, qui fleurit avant le lavandin et allonge la saison des couleurs. L'amandier fut la culture la plus rentable de la région au XIXe siècle. La vigne aussi : près de 600 hectares au milieu du XIXe siècle, effondrés après le phylloxéra — il n'en subsiste aujourd'hui qu'à Gréoux-les-Bains et à Quinson.
Le village et son église
Valensole s'est développée le long d'une voie ancienne, peut-être pré-romaine, reliant Apt à Riez. Depuis le Moyen Âge, c'était le principal itinéraire de la basse Provence vers les Alpes, et une voie de transhumance.
L'église Saint-Blaise domine le village. On découvre aussi la Cour du Doyenné, avec son porche médiéval et son puits, la chapelle Saint-Mayeul, des fontaines, des lavoirs, des portes anciennes et leurs heurtoirs, et les vestiges des remparts. Un dépliant de visite libre est disponible gratuitement toute l'année.
Les rendez-vous
La Fête de la Lavande est le grand jour de l'été. Le marché de producteurs se tient le mercredi en fin de journée à partir de juin, le marché traditionnel le samedi matin. Plusieurs distilleries et producteurs de lavande ouvrent leurs portes.